RD Congo: les Banyamulenge réclament justice 16 ans après le massacre de Gatumba

Il y a tout juste seize ans le 13 août 2004, une attaque attribuée au mouvement de rébellion hutu des Forces nationales de libération (FNL) d’Agathon Rwasa causait la mort de plus de 160 personnes parmi les Tutsis congolais réfugiés dans le camp de Gatumba dans l’Ouest du Burundi. 152 Banyamulenge, des Tutsis congolais originaires de la province du Sud-Kivu en RDC, ont perdu la vie ce jour. 16 ans après, ils se sont rassemblés à Bukavu jeudi pour réclamer justice.
Il y a tout juste seize ans le 13 août 2004, une attaque attribuée au mouvement de rébellion hutu des Forces nationales de libération (FNL) d’Agathon Rwasa causait la mort de plus de 160 personnes parmi les Tutsis congolais réfugiés dans le camp de Gatumba dans l’Ouest du Burundi. 152 Banyamulenge, des Tutsis congolais originaires de la province du Sud-Kivu en RDC, ont perdu la vie ce jour. 16 ans après, ils se sont rassemblés à Bukavu jeudi pour réclamer justice.
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Dans la salle de l’ONG RIO de Nguba, des centaines de membres de la communauté banyamulenge se sont réunis en mémoire des victimes, constituées en majorité de femmes et d'enfants. Muhamiriza Ineza Aline, représentante des victimes, déplore l'absence de réaction du Congo et du Burundi. « J’ai perdu des proches, des gens de ma communauté, des amis de la famille qui sont partis. Seize ans après, ce qui est regrettable c’est que l’État congolais ne dise rien, l’État burundais ne condamne pas, la communauté internationale même ment, ce qui fait mal au cœur ! Il y a eu ceux qui ont déclaré que ce sont eux qui ont commis ce massacre. Nous pensons qu’il est grand temps qu’ils soient traduits en justice.

« Trahi pas notre pays... »

Pour l’ancien député national Enock Sebineza, le massacre de Gatumba rappelle plusieurs autres évènements douloureux. Faute de justice, pour lui c'est le sentiment d'abandon qui domine. « On a l'impression qu’on est trahi par la région, et par notre pays. Puisque les Banyamulenge sont des Congolais massacrés à l’extérieur, juridiquement il n’y a que le Congo, le Burundi et les Nations unies qui peuvent porter plainte n’importe où »

Cette commémoration intervient dans un contexte de violences inter-ethniques dans les territoires de Fizi, Uvira et Mwenga, et qui allonge encore la liste des victimes. Ainsi, les Banyamulenge encouragent le gouvernement congolais à poursuivre les efforts de dialogue et de réconciliation entre les communautés, et à restaurer l’autorité de l’État dans l’est de la RDC.