Confinement.En RD Congo, même les pasteurs sont en télétravail

Avec l’interdiction de se rassembler, les évangéliques sont devenus 2.0 en république démocratique du Congo. Alors que la concurrence fait rage entre les églises, les pasteurs ont dû se mettre aux réseaux sociaux pour garder le contact avec leurs fidèles et, surtout, recueillir leurs offrandes, ironise ce journal congolais.
Avec l’interdiction de se rassembler, les évangéliques sont devenus 2.0 en république démocratique du Congo. Alors que la concurrence fait rage entre les églises, les pasteurs ont dû se mettre aux réseaux sociaux pour garder le contact avec leurs fidèles et, surtout, recueillir leurs offrandes, ironise ce journal congolais.
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Les mesures de confinement prises par le gouvernement pour faire face au Covid-19 ont bouleversé la vie quotidienne de la population congolaise. Les choses ne se passent pas comme avant, chacun s’est retranché dans sa tanière par peur d’être contaminé. Travailleurs, vendeurs ambulants, commerçants, tous sont confinés partiellement.

Si les fonctionnaires espèrent reprendre du poil de la bête après cette pandémie, les pasteurs, eux, s’estiment extrêmement perdants. La semaine comme le dimanche, il n’y a plus de culte d’adoration, plus de louange, une situation qui a esseulé les évangélistes et apôtres, habitués à communier chaque jour avec des bains de foule. Comme tout le monde, les pasteurs sont confinés mais ils ne demeurent pas tranquilles. Ils vivent avec la peur au ventre : l’anxiété de ne pas réunir le même nombre de fidèles à la reprise des activités.

Alors, les hommes de Dieu tentent de s’adapter aux réalités du terrain. Tous, ou presque, ont trouvé un moyen de prêcher et de garder contact avec leurs protégés : les réseaux sociaux. Ainsi, des prédications abondent sur Facebook, WhatsApp, BBM, Instagram, Twitter, YouTube… Même ceux qui critiquaient l’usage de ces nouvelles technologies s’y trouvent plongés et s’y vautrent éperdument. “À la guerre comme à la guerre”, conclut le pasteur d’une église de réveil [évangélique] de Lingwala, dans le nord de Kinshasa.

Des offrandes envoyées par téléphone

Les réseaux sociaux sont devenus des canaux obligés pour atteindre les proies. Des messages religieux sont donc balancés en ordre dispersé, la plupart se terminant par les numéros M-Pesa, Orange Money ou Airtel Money du pasteur [ces services sont très utilisés en Afrique pour transférer de l’argent de particulier à particulier]. “Comme nous ne pouvons pas nous voir actuellement, ils doivent m’envoyer leurs offrandes par téléphonie mobile”, affirme le responsable d’une église de réveil de Kasa-Vubu, dans le centre de Kinshasa. Mais certains ont oublié d’avoir des conseillers en communication pour toiletter les textes avant leur diffusion. Le tout est dans un français maladroit, le nombre de coquilles rend parfois malade.

Beaucoup de ceux qui boycottaient ces canaux ont été obligés de suivre une formation accélérée d’utilisation des réseaux sociaux. En effet, très peu peuvent faire leurs prêches à la télévision, cela coûtant cher.

Mais si les hommes de Dieu s’inquiètent de leur sort, personne ne s’afflige de celui de tous les chrétiens confinés chez eux, qui ne peuvent bouger, ni travailler pour trouver la dîme comme en temps normal. Voilà de quelle manière le Covid-19 a bouleversé les événements, laissant moult stigmates dans la vie des Congolais.